b4efd5a3e4a6f9045c086856e3151025

Louis Desruelles, quadragénaire, ne se remet

pas de la mort de sa mère mais pense

tout de même à lui rendre hommage ....

 

Quand je l’imagine, je voudrais qu’il y ait une ambiance de film des années soixante : des zébrures dorées et des trompettes. Un film de Zorro ou presque. Enfin, je plaisante.

Parce que sa mort, je la sais. Ou j’essaie.

C’était affreux. Elle a hurlé. Une mort lente.

Je la pardonne.

Enfin.

Cora était amoureuse. Elle a voulu le rejoindre. Vivre avec lui. Elle avait une petite Audi. Un accident. Elle voulait le rejoindre. Il y avait beaucoup de trafic et il pleuvait. Elle devait être pressée.

Une collision.

Un Poids lourd.

Voiture enflammée.

Elle nous a laissés.

Le psy : qui a aidé ?

Mon père. C’est un homme de mansuétude.

Moi. Je ne voulais pas qu’elle parte. 

Le psy : qui a guéri ?

Lise. La première femme. Elle savait mesurer les dégâts.

Elle était si volontaire, disciplinée, peu découragée ! Tout devait avoir un sens ! Elle a eu raison. Quand je vois mes  deux filles, je suis ravi.

Façon de dire.

Elles ne veulent guère me voir.

Mais, ceci dit, elle a fait tout ce qu’elle a pu.

Anna ?

Je ne sais pas la perdre. Alors, je lui écris vraiment. La vie en Amérique, l’obligation qu’elle a de l’accepter car on s’aime et c’est bien.

Elle me répond. Elle vient. Avec Alexandre.

Boston les enchante.

On est bien.

Le psy a dit que je peux dire « maman » avec simplicité et me sentir ainsi libéré.

Bien.

J’ai accepté les images de la séparation.

J’ai accepté l’amant et la mort.

L’holocauste.

Je dis « maman ».

Et ça suffit. Cora revient.

Elle bruisse, elle est belle, elle sourit. Elle est si bien coiffée et sa robe dorée est si soyeuse.

Elle a trente ans.

Elle est vraiment belle.

Personne n’a raison.

Elle est Cora.

Je l’aime ; elle est « maman »

Je l’aime.

Et je parle pour ne rien dire.

Ecrit par France-Aile.