maison DE MAITRE PROVENCE

Nicolas se forme à la fondation Germaine Million dont les buts sont surnaturels...

Ils sont nombreux à l’avoir fait et Nicholas se sent admiratif. Il n’est pas le seul dans la grande maison et il croise des gens d’âges divers, hommes ou femmes. Tous se parlent furtivement de sorte que sa curiosité reste intacte. Le midi, il déjeune avec un autre bibliothécaire, plus âgé que lui, et uniquement préoccupé des stocks à vérifier. Les ventes sont très nombreuses en saison et il ne faut manquer de rien. Le soir, il tient souvent compagnie à Myriam Harchel qui, elle, lui fait la conversation. Elle le questionne sur son enfance, ses études, son amie. Elle sait qu’il vient de perdre sa mère et ne commet aucun impair à ce sujet. Elle a du tact. Il est clair qu’elle laisse Nicholas libre de déambuler dans le par cet dans la Fondation, à condition qu’il n’entre pas dans les chambres qui sont closes car elles sont « en activité ». Le jeune homme lui plait car il est sensible eux lieux mais patient. Tout a un prix et tout demande du temps. Au moins, il le sait.

Le sentant cependant très intrigué, elle ne résiste pas, un soir, au plaisir de le pousser un peu dans ses retranchements.

-Que voudriez-vous lire de plus ? Je vois que vous avez été très rapide et je m’en réfère aux notes que vous avez prises, très efficace.

Elle le flatte car même pris par la bizarrerie des lieux, l’adolescent reste triste et ravagé par la perte de sa mère. Elle  lui a alloué dans le pavillon le plus orientalisant du parc une chambre à décoration japonaise ; elle est belle, toute tendue de peintures et de soies colorées mais s’il n’était tenu par ses horaires de travail, il s’y engluerait nonobstant les statuettes de jade, les paravents ouvragés et les très beaux meubles qui ornent la pièce, les orchidées dans les vases et les lampes gracieuses.

-Je n’ai lu que des témoignages et des remerciements…Elle a sauvé des êtres qui, sans elle, seraient morts…J’ai lu sa vie aussi, écrite par diverses personnes mais il me manque des clés. On ne fait pas ici que la remercier que pour des sauvetages anciens. Le temps a passé. Ce ne serait plus qu’un simple musée. Que fait-on d’autre ?

Elle lui tend un livret.

-Hier, Paul Barthès a fait cette communication dans le salon rouge, vous savez, celui qui a une méridienne, de grands fauteuils Voltaire et un très beau secrétaire chinois. Vous avez dû entendre des voitures arriver…Auriez-vous voulu venir, nous vous aurions accueilli…Mais je crois qu’après le dîner, vous êtes parti assez vite, alors qu’il vous arrive de vous poser au ré de chaussée, dans un salon ou un autre.

-Que dit Paul Barthès ?

-C’est ce que vous allez découvrir. Lisez ce qu’il a écrit ...