jeune homme triste

La mort de sa mère, Lydiane, avec qui il a eu une relation compliquée, rend Nicolas triste et secret...

Toujours hors de lui-même, il se cantonne à sa chambre d’étudiant. Les largesses de Gianni font qu’elle est de belles dimensions.  Elle est joliment meublée et dispose d’un coin cuisine et d’une salle d’eau. Située non loin de la gare Saint-Charles, elle permet à Nicholas d’aller facilement à l’université, celle-ci étant proche. C’est un lieu tranquille, où il peut étudier. Mais c’est aussi celui-ci où il décroche des études quand, en décembre, le deuil l’assaille. Il ressent alors une souffrance âpre et continue, d’une ampleur qui va croissant. Il lutte quelques temps puis se laisse aller, conscient que, de toute façon, tout est vain.

Sylvia, soucieuse, finit par l’y déloger. Il trouve trop de prétextes pour ne pas venir à Cassis, rechigne à la recevoir et laisse se relâcher le lien qui l’unissent aux parents de sa mère défunte. Ayant vécu des situations d’urgence, Sylvia est combattive. Il est clair que son jeune compagnon tombe dans les affres du regret, de la culpabilité et de la nostalgie. Ne lui laissant pas le choix, elle l’aide à rassembler quelques effets personnels dans un sac de voyage puis l’entraîne à Cassis. Du jour au lendemain, lui qui ne voyait que de temps à autre, Liz Chester, se retrouve sous son toit. L’Anglaise a un mode de vie si particulier qu’elle n’en prend pas ombrage. La maison est composée d’un grand séjour, d’une cuisine, et de deux chambres au ré-de chaussée. L’une d’elle lui sert d’atelier. A l’étage, il y a d’autres chambres. Si tant est qu’on ne dérange pas son espace personnel, elle se fiche qu’un hôte passager s’installe chez elle. Elle s’entend bien avec Sylvia, qui lui rend mille services. Ayant obtenu son permis de conduire, celle-ci lui fait les courses et l’aide dans les tâches ménagères. Elle l’accompagne aussi quand elle part en excursion. Tant qu’elle ne déroge pas à ses obligations, Liz est d’accord pour que Sylvia invite. En outre, bien qu’elle n’aborde jamais frontalement les moments difficiles de sa vie passée, il est clair qu’elle a traversé un divorce houleux, connu quelques bouleversements dans ses relations avec ses enfants et souffert durement de la mort brutale de l’homme qu’elle avait épousé en secondes noces.

image de fête

C’est donc une femme d’expérience qui accueille Nicholas, et aussi un être adroit et aguerri qui sait que certaines questions ne sont pas à poser. Elle laisse le jeune homme amaigri traîner dans la maison, les observer, aider un peu mais elle n’exige rien de lui. Elle ne commente pas son état, elle le respecte sans mièvrerie. Elle sait intuitivement qu’il ne peut apprécier qu’elle soit aussi active et originale. Elle peint, elle écrit, elle chante, elle recueille des animaux. Elle a réussi à avoir de sa vie une vision joyeuse. C’est important qu’il le voie. Et puis, elle est supposée ne rien savoir de lui, sauf son deuil ; Cela évite les questions délicates.

C’est avec Sylvia et elle qu’il passe des fêtes de Noël bien différentes de celles qu’il a passées en Italie, juste un an auparavant. Elle a invité des amis anglais à elle, tous en rupture de ban et tant le soir du 24 que la journée du 25, ils vont et viennent, s’égayant dans la ville et sur la plage, mangent des plats plutôt simples et refont le monde avec une telle drôlerie qu’il lui semble plutôt avoir affaire à des adolescents de quinze ans qu’à des sexagénaires très sérieux. Tout est doux, assez atone mais rien ne le brusque et c’est bien ainsi.

Comme janvier avance et qu’il se sent incapable de retourner à Marseille, Sylvia craint que Liz ne voie pas d’un bon œil l’installation de Nicholas dans la maison. Il ne devait y faire qu’un passage…Mais une fois de plus, l’Anglaise l’étonne car elle a une proposition à faire au jeune homme…