la MERE MORTE

4 Octobre 1989. Nicolas.

Lydiane, la mère tant aimée, connaît une mort brutale. 

Elle était allée visiter une maison de vacances qu’ils voulaient s’acheter près de la Ciotat. Au retour, une voiture qui roulait en sens inverse a traversé la route. Le chauffeur n’avait plus le contrôle de son véhicule et il a percuté de plein fouet celui de Lydiane. Elle est morte sur le coup.

Nous l’avons su en fin d’après-midi. Vincent, atterré, m’a prévenu et je suis aussitôt revenu à Marseille pour les préparatifs des obsèques. Il pleurait et moi-aussi. Christian, son fils était là, navré et Sylvia est arrivée, le visage triste.

Lors des obsèques, Bernard et Martine ont  tenté de garder leur dignité tandis que l’époux désormais veuf restait abasourdi par cette mort. Méral est venu avec quelques comédiens et Lapierre les a bien accueillis. C’était une belle cérémonie. On a couvert sa tombe des fleurs qu’elle aimait : des roses, beaucoup de roses.

Personne ne comprenait, je crois, qu’elle n’allait plus revenir car tout est arrivé très vite. Nous sommes tous atterrés, moi, plus que les autres. Je m’étais réconciliée avec elle mais tout était très récent. Nous n’avions encore rien construit…

Claire a été confiée à un confrère de Vincent. Ils sont amis. Elle a deux petites filles. Pour l’instant, l’enfant ne sait encore rien.

J’ai pensé un peu tard que le 4 octobre, on fête la Saint-François d’Assise. Elle qui n’était pas croyante aimait les légendes et suivant comment la vie du saint était racontée, elle pouvait aisément en être une. Cet homme qui parlait aux oiseaux et qui était ami avec un loup, ça lui aurait plu ! Je me suis dit sans cruauté aucune que c’était un bon jour pour elle et je ne la vois nulle part ailleurs qu’au ciel.