milan

De retour de Milan, où il a revu son père, Nicolas rejoint, à Manosque, le lycée privé où il étudie. Du conflit qu'il l'oppose à sa mère, il ne pense plus que tout est si grave...Changerait-il? 

Nicholas, dans le train, ne pense qu’à Sylvia qu’il vient de retrouver. Selon lui, ce voyage à Milan a été prodigieusement chargé en rebondissements positifs. Son père l’a bien reçu et non rejeté, comme il aurait pu le faire et il a rencontré cette jeune fille triste d’abord puis joyeuse. Comme il voyage avec elle, il ressent de nouveau son abattement. Elle aurait voulu rester avec sa mère et Italie mais la situation de celle-ci n’est pas encore stable. Son père est incarcéré mais il redoute que, pour une raison ou une autre, il n’obtienne une remise de peine. Elle ne veut pas qu’il réapparaisse et les harcèle. Il a encore des droits sur son frère et elle. Sans savoir comment il fera, l’adolescent promet de l’aider et la prend dans ses bras. Il fera pour elle tout ce qu’il pourra…

De retour au lycée Saint-Joseph, il va voit frère Bastien.

-Je voudrais dire mon acte de contrition.

-Tu veux le réciter ?

-C’est nécessaire.

-Récite-le, si tu veux.

-Mon Dieu, j’ai un grand regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon et que le péché vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre Sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.

-Bien, pourquoi veux-tu faire pénitence ?

-Je me suis imposé à mon père et à sa famille, en Italie. Il ne savait pas que j’allais venir.

-Il ne t’avait pas invité ?

-Si mais de façon informelle, sans poser vraiment de date.

-Et…ça c’est bien passé ?

-Oui.

-C’est tout ?

-J’ai menti à ma mère. Elle m’a signé une sortie du territoire car elle pensait à une invitation ferme. Je vais devoir lui dire que je me suis joué d’elle.

-Et de lui. Tu n’as pas un beau-père ?

-Je dois avouer que je ne l’aime pas. Et avec ma mère, j’ai des relations compliquées.

-Le fait que tu sois allé voir un père absent depuis longtemps mais qui a repris contact avec toi depuis plusieurs mois n’est pas répréhensible en soi mais tu es en conflit avec elle et pour de mauvaises raisons. Et c’est là que tu dois faire preuve de contrition.

MANOSQUE

-Oui mais c’est très dur. J’ai aussi rencontré une jeune fille dans le train. Je l’aime.

-Tu n’es parti que douze jours.

-C’est un fait, je l’aime.

-Il faut voir cela à l’usage du temps.

-J’irai plus souvent à Marseille dans ma famille et je la verrai elle-aussi car elle y habite.

-Bien. En ce cas, fais attention à eux : ta mère, ton beau-père.

-Vous allez me dire de réparer ce qui doit l’être ?

-C’est toi qui le dis et tu parles avec justesse.

-Je me suis confessé, là ?

-Oui, mais pas de manière formelle.

Les jours suivants, il réfléchit. Il y a quelque chose à faire avec Lydiane. Depuis l’histoire des collages, ils gardent trop leurs distances. Après tout, elle est sa mère.