AMOUREUX

Vincent Lapierre, médecin, aime Lydiane et veut la guérir de ses amours anciennes; mais Nicolas, le fils, a du mal avec cette union.

Un an passe et Lapierre, très amoureux, propose une vie commune. Lydiane se laisse porter car cet homme qu’elle trouvait trop rigide la rassure beaucoup. Elle voit bien qu’une certaine forme de vie qu’elle a adoptée heurte tout de même cet homme si différent d’elle. Les grandes fêtes qu’organisent de temps en temps Méral ou l’un de ses comédiens durent toute la nuit et l’on y refait le monde. Elle sent bien que le médecin y est mal à l’aise car la Lydiane ouverte et drôle qu’il y découvre n’a rien à voir avec la jeune femme apeurée qui lui a fait confiance comme médecin. Il en deviendrait jaloux car il ne comprend pas que la jeune femme soit si familière avec les membres masculins de la troupe. Pour elle, ce sont juste de bons compagnons mais que l’un ou l’autre la prennent par le cou ou par l’épaule, il tressaille, voyant s’ouvrir tout une vie secrète que cette belle jeune femme lui cache. Il en va de même pour Méral qui s’érige en protecteur. Lapierre qui est pourtant cultivé ne comprend rien aux faux emportements et aux vraies plaisanteries de cet homme qui fait du théâtre jusqu’au bout. Il le juge trop proche de Lydiane et trop ambigu dans ses attitudes. Trop policé pour lui faire des scènes de jalousie, il finit par s’abstenir d’aller à ces fêtes et elle, qui ne veut pas lui déplaire, finit par espacer ses sorties. L’environnement qu’a choisi le médecin est en lui-même un manifeste de conformisme. Bel appartement tendu de beige, bibliothèques aux formes classiques chargées de beaux livres, reproduction de nature-mortes ou de nus célèbres aux murs et tentures et tapis en demi-teintes. Les meubles mélangent les styles et les époques mais restent à la fois élégants et sages. Les notes de fantaisie viennent des bouquets de fleurs fraiches qui quelle que soit la saison sont disposés un peu partout mais c’est à peu près la seule. Chez les Lapierre, tout ce qui doit être rangé doit l’être : les vêtements dans les armoires ou sur les porte-manteaux, la vaisselle dans les placards de la cuisine…Lydiane a été élevée par des parents organisés dans leur travail mais plutôt bohème dans leur mode de vie. Elle en reste marquée sans rien trouver de répréhensible au fait de ne pas forcément bien ranger. Petit, son appartement est très gai. Rideaux orange, meubles de récupération jolis et variées, petites étagères bricolées par les comédiens et bibliothèques dépareillées recyclées en vaisselier ou range-vêtements, touches provençales pour la courtepointe de la chambre et bibelots venus d’ailleurs composent un nid harmonieux et très féminin. Lapierre, d’ailleurs, a apprécié le goût et la débrouillardise de la jeune femme mais pour ce qui est de son intérieur, il le veut sobre et classique, obéissant autant à son éducation qu’à sa caste. 

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Lydiane, malgré tout, franchit le pas et s’en trouve bien. Le mariage se profile et les invitations lancées. En ce joli jour de printemps, elle porte un tailleur blanc et est ravissante. Tous le remarquent. Vêtu d’un costume clair, le docteur a  lui-aussi belle allure mais celle-ci est plus empesée. La cérémonie civile et simple, ni l’un ni l’autre ne souhaitant un service religieux et la fête peut battre son plein. Elle sera belle mais troublée cependant par la présence de deux clans qui peineront à communiquer : celui de Méral et de sa troupe, que Lydiane a tenu à inviter au grand complet et celui de la bourgeoise famille de Lapierre, venue de Paris. Aucune algarade n’aura lieu mais chaque camp restera sur son quant à soi. Bernard et Martine, par contre, sympathiseront facilement avec la mère du marié (son père est décédé) et la fille aînée qui fait ses études de médecine. Christian, le fils de Lapierre, se montrera très ouvert avec Lydiane, qu’il aime bien et à qui il sait gré de ne pas avoir brûlé les étapes. Reste Nicolas qui, courtisé par Méral et les siens d’une part et les enfants de Vincent de l’autre choisira les comédiens. Il ne dira rien de déplacé à sa mère mais le différend entre eux apparaîtra comme sensible…

A peu de temps, il faudra faire des choix.

Lydiane met du temps à se décider : elle donne sa démission du théâtre comprenant que l’attachement que Lapierre a pour elle ne s’accommodera pas de tels horaires et d’une vie si libre. Et puis, même si elle ne l’avoue pas, elle redoute qu’un jour ou l’autre un membre de la troupe n’évoque une de ses nombreuses aventures, sans penser à mal car pour eux, c’est une fille adorable. Or, ces liaisons rapides, elle les a cachées à celui qui est son mari et ne veut pas qu’il apprenne quoi que ce soit.

Vincent, peu conscient du malaise qui existe entre mère et fils, tente à plusieurs reprises d’aborder Nicolas. Il pourrait, quand il le décide, vivre avec eux. Il est assez évident qu’il peut bien s’entendre avec Christian. Ils n’ont que quelques années d’écart. Croyant bien faire, il argumente et se montre compréhensif. Il est clair que le père de Nicolas ne joue pas son rôle et a déserté la scène. Il comprend que Nicolas soit blessé. Il comprend même qu’il en veuille à sa mère, estimant sans doute qu’elle n’a pas su retenir cet homme qu’elle aimait.

FEMME BRAS OUVERTS

Sa mère a fait ce qu’elle a pu face à un être très égoïste. C’est une femme pure et droite qui mérite d’être aimée. Il lui donnera ce dont elle a été privée et à lui-aussi, il offre son aide…Nicolas le surprend en refusant. Il ne s’emporte pas. Il n’argumente pas. Il est très bien avec ses grands-parents. Il a été fâché avec sa mère mais elle va bien maintenant et il accepte de venir la voir régulièrement. Lydiane tremble. Elle craint que Vincent, en insistant davantage, ne fasse jaillir de terribles confidences mais heureusement, Nicholas estime en avoir dit assez. En effet, le jeune garçon se met à venir les voir le temps d’un weekend et la présence de Christian arrange bien des choses.