ENFANT MAIN

 

5. Milano centrale.

Italie. Novembre 1977. Mai 1978.

Lydiane, qui a un enfant de Gianni, va rejoindre celui-ci à Milan...

Train de nuit. Il fait trop chaud dans la cabine où ils ne sont pourtant que deux. Lydiane occupe le lit du haut et l’enfant celui du bas. Gianni, bien généreux, a payé une première classe. Il sera à la gare. A plusieurs reprises, la jeune femme rejoint son fils ; Il n’est pas fiévreux mais inquiet. Elle le sent à son sommeil entrecoupé. Comme il s’éveille, elle le prend dans ses bras et le rassure :

-On va voir papa ! Ne t’inquiète pas ! On était un peu fâchés mais maintenant, ça va beaucoup mieux. Tu verras, mon chéri, ça sera comme de très belles vacances. Quant à ce monsieur, cet André, c’était une bêtise. Maman se sentait trop seule. Elle a fait quelque chose de mal. Tu comprends, mon chéri ? Mais c’est fini, bien fini. Il n’y a que papa. Que papa !

Nicolas s’apaise et dort. Par précaution, elle se réveille plusieurs fois et à chaque fois, elle vérifie qu’il dort bien, est assez couvert, n’a ni trop chaud ni trop froid. On peut dire beaucoup sur Lydiane, son égocentrisme et sa jeunesse futile, on ne doit pas oublier qu’elle sait être une mère. Elle est affectueuse, sait compenser les risques pris par de vraies et sages décisions qui vont dans le sens d’une meilleure éducation pour son fils, reconnait ses erreurs et ne dévalorise jamais son rejeton. Elle a bien conscience que rien n’est allé comme elle voulait mais jamais elle ne regrette cette naissance. Elle a, selon elle, le petit garçon que la vie lui destinait…En ce sens, elle mérite l’admiration.