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Lydiane, jeune fille simple, aime Gianni, étudiant italien qui fait des études en France. Il sera célèbre, grand romancier ou cinéaste...

Quand Lydiane entend ses propos, elle bondit.

-Moi, je crois en lui !

-Je le vois bien, ma petite fille !

-Tu ne peux le dénigrer car il veut écrire ! Enfant, souviens-toi comme tu me racontais avec passion Les Misérables quand j’étais enfant ! Cosette, Valjean, l’horrible Javert et le bon évêque. Tu aimes la littérature ! Alors peux-tu caricaturer les belles idées de mon compagnon ?

-Car il s’agit juste de belles idées. Il a écrit quelque chose ? Non, il rêve. C’est un beau parleur.

-Tu te trompes. Peut-être qu’il attend l’Italie.

-Ce doit être cela.

Quelques semaines durant, elle croit que tout se concrétise. Il va beaucoup chez les Lavelli et son roman prend corps ; c’est que parler avec Luigi lui rend les idées claires. L’histoire se dessine très nettement. Ce sera une vaste fresque sociale. De fait, il noircit des pages et des pages et le cœur de la jeune femme s’emballe ! Ainsi, c’est vrai ! Pourtant, tout tourne court. Il ne veut rien lui montrer et elle s’emporte. Il sort beaucoup et elle veut le suivre car il est beau et plaît aux filles. Les jeunes filles défilent pour garder Nicolas et Martine finit par s’en mêler. Lydiane la remet à sa place et défend une fois de plus son homme. Elle profite d’une escapade impromptue de Gianni à Nice où il va rencontrer un de ses cousins de passage en France, pour consulter enfin le fameux manuscrit. Malheur, il est en italien ! Elle se sent partagée. D’un côté, le texte existe bel et bien : cent cinquante pages sont posées. De l’autre, elle n’a aucun moyen d’évaluer le travail de son amant. Elle penche pour un très bon texte mais elle peut se tromper et si c’est le cas, son père triomphera. Quand Gianni revient, il comprend tout de suite. Il la traite de fourbe et de voleuse ; Elle s’emporte et tous deux crient. Nicolas se met à sangloter et ils s’arrêtent mais ils s’en veulent. L’Italien est ulcéré : cette petite Française inculte qui doute de lui !

Peu de temps après, il est catastrophé. Il doit impérativement aller à Milan où sa mère est bien plus malade qu’elle le le lui a laissé entendre. Elle a un cancer du sein. Une ablation est programmée.

Les jours qui précédent le départ de l’amant italien, Lydiane est fragile. De mauvais pressentiments l’envahissent. Elle n’a jamais vu la famille de Gianni, sait qu’elle est aisée et devine qu’elle ne l’aime pas. Que fera t’il en Italie sinon se laisser influencer par elle ? Elle est alors toute douceur, ne réprimande plus, ne monte plus le ton. Il fait de même. Tous deux cajolent leur petit garçon. Une belle photo les montre tous trois, apaisés et souriants.