emilio-estevez-et-demi-moore-l-amour-de-jeunesse-4191392ahxgs

 

Dans les années soixante-dix, Gianni, Italien qui fait ses études en France et Lydiane mènent une vie de bohème, ont un petit garçon et sont heureux. 

Entre son travail à elle et les petits boulots qu’il trouve ça et là, ils estiment être indépendants. Ils ne vivent pas sur un grand pied mais ils s’assument. C’est partiellement vrai car chaque mois, Gianni reçoit de l’argent de Milan. Il en parle très peu. Sa famille ne trouve pas mauvais en soi qu’il étudie en France mais elle considère aussi que leur fils chéri fait un caprice. On lui accorde quelques mois encore d’être aussi frondeur…Cela, l’Italien le sait mais il se tait sur ce sujet, comme pour s’affirmer davantage. Du reste, dans les utopies qui sont les siennes, n’entre pas le fait qu’il puisse si vite plier bagage et se plier à la férule paternelle.

Les aubes sont neuves. Lydiane et lui seront heureux et l’enfant aussi le sera. Un temps, Gianni tient bon dans son rôle de jeune père, s’absentant peu, travaillant beaucoup puis sa jeunesse l’assaille. Il se met à sortir beaucoup et convainc la jeune fille de faire de même. Il y a tant de concerts, de représentations théâtrales, d’expositions, de fêtes chez des amis, à Aix ! Il y a tant à faire ensemble ! Commence la ronde des jeunes filles qui, toutes jeunes ou moins jeunes, jolies ou moins belles viennent s’occuper du bébé. A chaque visage nouveau, le tout petit recommence à faire des grâces. Il sourit autant qu’il le peut, bouge jambes et bras, irradie, séduit. Il ne pleure pas. Elles le prennent toujours dans leurs bras, elles le changent, elles le nourrissent et le bercent. Elles l’adorent car il pleure si peu, rend la vie facile et est un charmant compagnon. Il arrive à l’une d’entre elles de saisir la balle au bond. Cet enfant a des parents en forme de courants d’air. Ils sont si peu là, le soir. Ils doivent être là, le jour, encore que non, à ce qu’ils disent. Alors, quand sont-ils face à ce bébé ? Il n’a pas l’air d’aller mal. Ils doivent avoir trouvé une solution. En tout cas, ils sont beaux, les parents et si jeunes ! Elles ont raison : Gianni et Lydiane sortent sans cesse, l’argent est là sans excès, la vie est belle. Quand il voit sa mère, Nicolas tressaille : il la veut et pour longtemps. Elle le prend dans ses bras, le fait tourner, le prend contre elle, lui parle doucement. Qu’elle porte une belle robe rouge ou qu’elle soit en sous-vêtements, qu’elle enfile rapidement un peignoir sur son corps nu ou qu’elle n’ait pas encore ôté son manteau, il l’adore et fait corps avec elle. C’est simple : on ne pourrait les séparer ! Elle est là, elle aimante. C’est elle, c’est Lydiane.