FACHES

 

4 Une mort brutale.

Bruno, le mari de Louise, a bien des déboires. Les prédictions du chat semblent bien se vérifier ! 

Deux ans après mon séjour à Paris, tout était survenu. Bruno avait pris pour associé un « chic type » qui se révéla être un escroc. Les comptes étaient truqués. Le restaurant perdait de l'argent à cause de ce type malhonnête qui piquait dans la caisse. Il fallut le renvoyer mais c'est mon mari qui trinqua. Il allait devoir se défaire de ce qu'il avait mis tant de temps à construire patiemment. Incapable d'éponger des dettes trop importantes, il ne pouvait éviter une saisie. Elle eut lieu et il en fut ébranlé moralement.

J'avais tenté de l'aider en lui donnant toutes mes économies. Sa famille et la mienne avaient fait un geste mais ça ne suffisait pas. Déprimé, pour ne pas dire dépressif, il demanda à aller se reposer en Savoie, chez ceux qui avaient rendu son enfance belle. Évidemment, j'acceptai. Nos relations étaient difficiles. A l'évidence, il n'éprouvait plus d'amour pour moi mais une sorte d'amitié un peu exaltée qui, elle-aussi, allait disparaissant. Sans raison apparente, j'étais coupable de ne pas l'avoir accompagné dans son entreprise. J'aurais dû avec lui travailler au restaurant, quitte à abandonner l'éducation nationale. Pourtant, à l'époque où il avait pris en main soin affaire, il m'avait interdit de m'immiscer de près ou de loin dans la gestion de ce restaurant ni même d'ailleurs dans sa décoration...

Dans un contexte pareil, sa rancœur à mon égard augmentait de jour en jour, même si elle était infondée. Une dispute de plus et la séparation serait actée. Il le savait et moi-aussi.