BALZAC

 

Louise voulait depuis longtemps découvrir le Père Lachaise. Elle y exulte en découvrant les tombes de quelques célébrités.

Je préférais de beaucoup la tombe de Balzac. Elle était composé d'un buste monumental exécuté par David d'Angers. Cette sculpture me saisit par sa force comme m'accrocha la mention de La Comédie humaine. J'étais lectrice de Balzac. J'aimais bien sûr, encore plus d'ailleurs que la précédente, le tombeau de Musset où je pus lire avec bonheur les vers qu'il avait écrits :

« Mes chers amis, quand je mourrai,

Plantez un saule au cimetière,

J'aime son feuillage éploré,

La pâleur m'en est douce et chère,

Et son ombre sera légère,

A la terre où je dormirai."

 

MUSSET

Un saule avait effectivement été planté près du lieu de son éternel repos. Tout cela était à la fois majestueux et beau

Je vis encore avec bonheur, les tombes de La Fontaine et de Marcel Proust mais je ne suis pas, ici, en train de rédiger un livre sur le cimetière du Père Lachaise. Je fus amusée d'entendre de la bouche du guide qu'on déposait souvent une madeleine sur le marbre noir de la tombe fort sobre de l'auteur d' « A la Recherche du temps perdu ». Je préférais d'ailleurs nettement cette anecdote à celle qui concernait Victor Noir.

 

WILDE

Sans insister vraiment, le guide nous avait rendu sensible à l’atmosphère particulière qui était celle de ce cimetière. A la nuit tombée, il est vrai, ces tombes souvent théâtrales devaient former de bien curieux enchevêtrements et il devait être facile d'y avoir peur. Qui d'ailleurs, en contemplant certaines tombes, comme celle d'Oscar Wilde que j'ai oubliée de mentionner, pouvait se vanter de ne rien trouver d'inquiétant à ces lieux ? Il n'y avait qu'à voir les étranges statues qui ornaient le monument dédié à cet écrivain qui avait connu l'effondrement et l'humiliation après la gloire la plus totale, pour ne pas en être persuadé. Tout était mise en scène ici mais mise en scène macabre, dès lors que le soleil ne brillait plus. N'était qu'à se souvenir de la tombe de Molière, qui ne contenait par le corps du grand homme de théâtre, pour avoir une idée...L'auteur du « Tartuffe » ne cherchai-il pas à intégrer cette majestueuse tombe pour lui érigée ? Après tout, tel un fantôme, il aurait pu errer là, cherchant comment faire...Mais je divague.

La tête pleine d'images et de beauté, je remerciai le guide, saluai le couple qui avait visité les lieux avec moi et décidai de faire une pause. Il n'était pas loin de midi. Je disposais encore de pas mal de temps avant de retrouver mon mari à l'hôtel et souhaitais d'abord faire une pause. Je trouvai un endroit charmant entre deux tombes, sortis ma bouteille d'eau et bus à longues gorgées, puis « j'attaquai » mon sandwich. Je me sentais bien. Un peu plus tard, je consultai mes notes et regardai sur mon appareil photo les clichés déjà réalisés. Beaucoup des tombes que j'avais contemplées étaient ornées de statuts. Victor Noir, Musset, Balzac, Chopin...J'avais travaillé avec soin mes angles de prise de vue et fait attention aux couleurs. A priori, j'avais bien réussi mon coup ! Je ferai un montage de tout ce que j'avais pu collecter en ces lieux, à mon retour et en ferait profiter mes proches. Ce serait beau !

Rassérénée, je repris mon exploration. Mais là, j'allais rencontrer l'imprévu...