TRENTENAIRE

 

Louise est venue à Paris avec son mari. Leurs relations étaient tendues et ce voyage doit leur faire du bien. Le cimetière du Père Lachaise étant un lieu que Bruno ne veut absolument pas voir, Louise s'y rend seule...

Cependant, alors que j'avais cédé sur toute la ligne sur les excursions et les hôtels (mis à part tout de même les matchs ou tournois qu'il avait l'art de dénicher), j'avais insisté pour choisir un hôtel simple, près du célèbre cimetière parisien que je comptais arpenter. Or, dès l'abord, l'hôtel Acacia, situé rue Parmentier, lui avait déplu. On était loin des Ibis et autres Mercure où nous étions descendus mais je ne voulais pas et l'obliger à me suivre et séjourner dans un hôtel dispendieux alors qu'il s'ennuyait. Moi, ça me convenait. Les lieux étaient simples, c'est vrai, et tout de même assez bruyants mas quoi ! Il s'agissait de deux nuits !

De mauvaise humeur, il se plaignait :

-C'est trop petit !

-Ce n'est pas grand …

-Cette décoration, franchement !

-C'est un peu suranné, c'est vrai mais c'est propre.

-Oui, mais pas insonore.

-Tu parles du film que nos voisins de droite ont regardé hier, tard...

-Oui, et aussi des voisins de gauche, qui ont fait l'amour de façon très démonstrative avant que la télé de ceux de droite ne gagnent la partie...

-C'est un jeune couple...

-Et nous, on est vieux ?

-Je n'ai pas dit ça.

-Une deuxième nuit, ici, c'est impensable !

-On aura des voisins différents ou pas de voisins du tout.

-Si ceux de gauche remettent ça, on leur fait concurrence !

-Eh bien, je...Enfin...On verra ce soir.

-Tu te défiles...

-Mais non.

-Mais si ! Depuis quelques temps, de toute façon, tu es frigide. Je dors avec une vestale !

-Toujours à exagérer...

A voir comment il grognait, je voyais la journée mal se profiler. Heureusement pour moi, j'ai de l'abattage. Consultant mon ordinateur portable, j'ai repéré un concert au Bataclan. Il était très proche. J'ai immédiatement réservé par téléphone. Puis, je suis descendue m 'informer de nos voisins à venir pour notre seconde nuit à venir. Une personne seule serait à notre droite et à notre gauche, il y aurait une grand-mère qui serait là avec son petit-fils. La chance était donc de mon côté et du reste, le petit-déjeuner passé, Bruno s'est radouci. Seulement, visiter un cimetière aussi célèbre qu'il put être, ne l'intéressait pas le moins du monde. Il partirait de son côté et moi du mien. Nous devions nous retrouver à l'hôtel à seize heures.

Bon, le Père Lachaise m'attendait. Une fois Bruno parti, la tête pleine de projets, j'ai adopté une tenue confortable (pantalon souple, chaussures de marche, pull et blouson) et j'ai pris mon sac à dos. En route, j'ai acheté de quoi manger frugalement et une bouteille d'eau et puis, j'étais là.