ANNEES QUARANTE

Un premier janvier où on avait mentionné mon anniversaire sans le fêter outre mesure, mon père est sorti faire un tour. Un bus l'a renversé : il est mort sur le coup.

C'était un accident bizarre mais il ne serait pas suicidé.

Non, pas lui.

On en est restés à l'accident.

Ils avaient eux-mêmes travaillé très vite et sans doute étaient-ils désemparés. J'entrais dans une sphère de la « connaissance » dont ils s'étaient -bien qu'intelligents- sentis exclus.

Malgré cela, il nous fallait rester unis.

On avait, se retrouvant, tenté de remettre en place la tradition des anniversaires mais quelque chose ne fonctionnait plus ; pourtant, autour de mes jeunes sœurs, il y a encore eu quelques bons gâteaux et de grands rires.

Un premier janvier où avait juste mentionné le mien sans le fêter outre mesure, mon père est sorti faire un tour. Un bus l'a renversé ; il est mort sur le coup.

C'était un accident bizarre mais il ne serait pas suicidé.

Non, pas lui.

On en est restés à l'accident.

Un an après, ma mère est tombée malade. C'était la tuberculose. Elle l'avait déjà, il paraît quand j'étais déjà en Dordogne avec mes frères.

Mes sœurs ont dit ça.

Il lui a fallu un an pour mourir.

Et tout le monde s'est séparé.

Mes grands frères ont habité de leurs côtés et ont quitté le vingtième.

Mes deux sœurs sont parties pour des raisons plus sentimentales que professionnelles, l'une pour Saint-Nazaire (la fin de la guerre permet de rencontrer des marins) et l'autre pour Moulin où elle a suivi un négociant en vin qui allait reprendre l'entreprise paternelle.