1200-L-pose-ton-gunner

Difficile d'échapper à la spirale du Mal à Budapest, même si on est protégée par des anges...

Elle semblait soudain maîtresse d’elle-même et redevenue belle, elle se penchait vers moi.

-Je vous en demande beaucoup !

-Vous voulez savoir qui a agressé Péter, n’est-ce ?

-Oui, je crois que c’est l’homme en noir. Vous ne le revoyez-vraiment pas ?

-Attendez : son manteau s’est ouvert à un moment et il avait, oui il avait sur son costume une insigne qui n’était pas militaire…Qu’est-ce que c’était…Ah oui, il était prêtre ! Mais ce ne peut être vrai. Il aurait porté une soutane, n’aurait pas eu cette dureté satanique, n’aurait pas…

Je m’arrêtai, interdite.

-Oui, j’ai lu. Les Croix fléchées étaient appréciés de certains prêtres hongrois. Et de toute façon, partout où il y avait la guerre, les gens d’Église se sont divisés, certains rompant leurs promesses pour devenirs des loups plus cruels que les autres alors que d’autres sauvaient qui ils pouvaient.

Elle était redevenue très belle et hiératique m’offrant un ovale de visage que les sculpteurs de la cathédrale de Reims n’auraient pas renié.

-Vous voyez, il faudra faire encore plus attention ! D’un côté Sara, de l’autre, des hommes comme lui, qui ont oublié Dieu et leurs promesses. Vous allez vous rapprocher des uns comme des autres !

-Et seulement d’eux ?

-Non, des bourreaux et des victimes ; vous êtes en chemin.

-Quand Péter sera-t-il guéri ?

-Dix à douze jours. Bien sûr, vous aviez perdu connaissance ! C’est cet homme an grand manteau noir qui l’a frappé avec une canne…Il a hurlé de douleur.

Je me sentis confuse mais soudain, elle s’excusa !

-Vous devez me pardonner ! Je n’ai posé aucune question sur vous. J’aurais dû ! Allez-vous mieux ?

-Je suis contusionnée mais vais mieux. Et puis, vous pouvez me faire des reproches aussi ! Je suis sortie car j'ai cru le voir ! Quelle erreur !

-Ils vous ont trompée. Vous ne pourrez cette chambre avant un moment, au moins ne pourront-ils plus le refaire avant un moment  !

-Soit mais je dois savoir qui m’envoie des messages. Ma fille ne doit pas s’inquiéter. Je dois pouvoir lui écrire.

-Naturellement.

Elle me parla encore avec chaleur avant de prendre congé et je restai seule de longues heures. Je n’en pris pas ombrage car je dormis.

Les jours suivants, Szylvia Itsvanfy modifia l’image que j’avais d’elle. Toujours réservée, elle perdit de sa réserve aristocratique et passa du temps avec moi sans peser. Elle bavardait, venait m’apporter elle-même le plateau du déjeuner ou arrivait avec des fleurs magnifiques qu’elle mettait en place dans un vase. Ce furent des temps bénis car je ne songeais qu’à mon rétablissement. J’étais encore trop faible et choquée pour pouvoir réellement parler à mes proches mais quand, au bout de cinq jours, j’en fus capable, ce que je lus m’alarma.

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