nazisme

Redescente dans le temps : Agnès qui se trouve à Budapest à notre époque, est agressée par des Croix fléchées, ces hongrois qui soutenaient Hitler pendant la guerre...

Prise de panique, je cherchai à reculer sans y parvenir quand je les vis s’avancer vers moi. L’un d’eux portait un manteau d’hiver noir très couvrant et l’autre un uniforme de l’armée hongroise comme en avaient reçu les sous-officiers pendant la seconde guerre. Un autre homme, très jeune, avait l’uniforme des Croix fléchées tandis qu’une femme très laide évoquait une gardienne de camp de transit et qu’une autre, jeune, très jolie et très fardée, me demandait, toute sanglée dans un uniforme de la police, mes papiers…J’étais incapable de parler et, terrorisée, je tentai de me replier vers le portail sans y parvenir. Je ne pouvais simplement plus bouger et constatai avec horreur que la policière réitérait sa demande. Je ne pouvais la satisfaire et les deux soldats décrétèrent qu’ils allaient me régler mon compte, escomptant bien que d’autres participent à la fête. J’avais la tête lourde et l’esprit embrumé. Tandis qu’ils me tiraient par les bras pour m’entraîner dans la rue, j’eus une brusque révélation. Je ne serai pas cette fois livrée à des prédateurs sexuels qui joueraient de ma volonté et de mes sens. Ce qui m'attendait était bien plus cruel. Dans le même temps, je compris qu'ils avaient atteint Nicolas. Grâce à Jean-Marc Prudence et à ses acolytes, il découvrirait bientôt qu'il était malade et que c'était grave...Je pensai également à ce que Léonie pourrait subir et plus que jamais, je priai mon Ange d’intervenir. N’était-il pas l’image du triomphe sur le mal ? Mes appels restèrent d’abord sans réponse. Je fus insultée et giflée. Débarrassée de mon manteau, je sentis la morsure du froid avant d’être jetée à terre et violemment battue. Les femmes n'étaient pas moins actives que les hommes. Je reçus des coups de pied au ventre et de nouvelles gifles avant que celui qui avait revêtu l’uniforme des croix fléchées ne lève sa matraque. Ma prière devint totale et j’implorai le ciel de sa clémence. Alors, une lumière blanche, pareille à un brouillard, entoura mes ennemis jusqu’à les rendre invisibles. Je restai au sol tandis que la lutte se poursuivait. Quand elle prit fin, mes ennemis avaient disparu aussi brutalement qu'ils s'étaient imposé à moi et je restais seule avec mon ange. J’entendis sa voix bienveillante :

-Relevez-vous, Agnès.

CROIXXXXXXXXXXXX

Penché vers moi, il me regardait avec inquiétude et comprenant que j’étais plus atteinte qu’il ne l’avait pensé, il m’aida à me relever. Il claudiquait mais je n'y pris pas garde. Du reste, Paulina accourut, ainsi que mes hôtes et on m’installa dans un des salons du ré de chaussée où je me rendais peu, le vert. Un médecin vit et me soigna. J’avais des côtes fêlées, des hématomes sur les cuisses et le ventre, d’évidentes traces de coup et je saignais du nez. Mon état n’exigeait pas d’hospitalisation mais une surveillance constante et des soins et je fus transportée dans une aile du palais qui ne recevait aucun touriste. On m’installa dans une vaste chambre blanche très sobre e je compris alors combien les voyageurs qui dormaient au palais pouvaient être abusés car les décors somptueux dans lesquels ils évoluaient étaient agencés pour eux. Bureaux, chambres, bibliothèques, petits et grands salons, salle de réception et salle de séjour étaient ornementés pour eux, afin de leur croire à leurs rêves. Non, l’empire d’Autriche-Hongrie n’était pas mort ; oui une famille aristocratique avait pu maintenir son train de vue malgré ces deux cataclysmes qu’avaient été le nazisme et le communisme. Enfin oui, le retour du libéralisme les servait bien. Il n’y avait qu’à constater combien ils étaient stylés ! Le lieu où on m’installa était d’une élégance plus sèche et il ‘était pas luxueux. J’en déduisis donc qu’à moi-aussi on avait fait faire le rêve de l’aisance, du luxe et de la noblesse, comme si rien n’était arrivé dans ce pays. Je recevais là une discrète leçon mais la trouvai bien venue. On m’apporta toutes mes affaires et l’on rangea pour moi mes vêtements dans des armoires ainsi que mes chaussures. On disposa dans la salle de bain attenante, mes produits de soin et sur des étagères mes livres, mes carnets de recherches, mes album photos et les DVD que j’avais tant de fois consultés. A côté de mon ordinateur portable, on plaça les dossiers contenant mes écrits et les photos de Sara Salkahazi et on écarta la chaise du bureau, comme si j’allais brusquement me lever. Je ne pouvais qu’être touchée par l’attention et l’humour discret de mes hôtes. Le médecin m’avait prescrit de rester sinon allongée du moins très au calme dans les trois jours à venir et j’attendais beaucoup de solitude, entrecoupée il est vrai, des allers et venues de mes deux Anges. Paulina vint et me parut très embarrassée.