rever-de-son-ex

 

Il n'est pas si simple de changer de vie. A peine arrivée à Paris, Agnès s'en rend compte. Elle se trouve face à Matteo, un des hommes de la villa maudite...

Je partis aussitôt pour Paris où j’avais décidé de rester une nuit. Ma mère m’y emmenait adolescente et nous allions au théâtre. Je voulais profiter de ce court voyage pour m’imprégner à nouveau de cette belle capitale et des lieux où j’avais marché et ri avec elle.

Je me promenais le matin de mon arrivée dans le quartier du Palais Royal, après avoir déposé mes affaires à l’hôtel quand je fus interpellée par une voix masculine. Me retournant, je demeurai stupéfaite : c’était Matteo. Je fus effrayée de le voir. Il avait toujours cette silhouette un peu courte et massive, ce cou de taureau et ce visage aux traits rudes qui évoquait pour moi bien trop la ruse et la lubricité. Comme il avançait vers moi, m'ayant reconnue, je montrai ma surprise :

-Que faites-vous ici ?

-Tu me vouvoies ?

-Que fais-tu ici ?

-Mais je travaille dans un restaurant ! Là, jusque derrière, tu vois ?

-Tu travaillais en Italie ! Tu étais à Capri !

-Tu as su ça, toi ! Alors, tu as cherché à avoir de mes nouvelles !

-Oui, c’est un peu compliqué mais j’ai cherché à en avoir comme de ceux qui étaient dans la villa l’été passé. En fait….

-En fait ?

Il dardait sur moi ses yeux mauvais et je cherchais à brûler les étapes pour me débarrasser de lui. Il fallait que je lui échappe car il renvoyait brutalement à cette étrange période.

-J’ai eu un trop perçu et je voulais rembourser Monsieur Fiastre. Seulement je ne l’ai jamais trouvé. Je ne voulais pas qu’il pense que je voulais le gruger…

-Lui, penser que tu le gruges ? Il est vieux mais rusé !

-Où est-il ?

-Aucune idée. Et la vieille rombière, non plus. Je m’en fous de toute façon. Tu as gardé l’argent, alors ?

-J’ai fait des dons. J’ai aussi envoyé ma fille au Japon et là, je vais partir en Europe de l’est pour une mission toute particulière…

-Le genre de la précédente ?

Il se mit à ricaner et m’arrachant à lui qui me mettait horriblement mal à l’aise, je tournai les talons. Il m’emboîta le pas et arrivant à ma hauteur, me prit le bras.

-Bon, dis ! Tu prends un café quand même !

-Parle-moi sur un autre ton.

-Promis.

Il me fit revenir devant le restaurant qui l’employait et sortit de sa poche une clé pour l’ouvrir. Je pénétrais dans une jolie salle jaune et blanc, très pimpante et lumineuse.

-C’est au restaurant italien ?

-Non, Madame : cuisine française et c’est bon. Je ne suis pas serveur mais gérant !

En ouvrant le restaurant, il l’avait éclairé mais il éteignit les lumières et comme les vitres étaient pour l’instant protégées par des panneaux métalliques, la pièce fut plongée dans la pénombre. S’avançant vers moi, il me fit retirer mon manteau qu’il jeta par terre puis me débarrassa de mon sac à main auquel je m’agrippai. Il avait cette voix un peu rauque qui m'avait intimidée dans la villa et je lui retrouvai cette prestance toute sexuelle qui m'avait tant assujettie. Aussi incohérent que cela puisse paraître, j'étais sous le charme.

-Bon, Agnès, enlève tes vêtements.

-On prend un café.

-Après. Allez, enlève ça.