MILLE ET UNE NUIT

 En acceptant, pour changer de vie, un emploi ponctuel et mal défini dont le cadre juridique et social était nul, je me heurtai de plein fouet à tout ce que j’avais jusque –là refusé.

Pour me prendre ou ne pas le faire, pour m’entraver ou pas, me contraindre ou pas, on ne me demandait pas mon avis car ça ne dépendait pas de moi.

C’était tout.

Je restai donc un moment à attendre, dans une position aussi inconfortable que violemment érotique puis je m’avisai que si mes seins pincés me faisaient moins souffrir, mes deux conduits intimes paraissaient bien plus dilatés et accueillants et se montraient désireux qu’on leur prête un plus grande attention. Quand la porte s’ouvrit à nouveau, je crus que Matteo étant de retour, ma disgrâce allait prendre fin mais je compris avec surprise que c’était Raféu qui était dans la pièce. Se plaçant devant le chevalet, il enleva les pinces cruelles et apprécia aussitôt la belle densité de mes seins dont il cajola les pointes malmenés. Pour se faire, il mouilla ses doigts de salaire et leur contact apaisa aussitôt toute meurtrissure.

-Il t’avait expliqué avant, Matteo ?

-Pour cette pièce ?

-Oui et le reste.

-Pas du tout.

-Il faut un début à tout ! Mais tu vois, tes seins sont très durs et réceptifs maintenant.

-Détache-moi.

-Ah non, pas encore.

Il fit le tour, s’agenouilla et prit la mesure de mon excitation.

-Ma pauvre ! Il faut vraiment faire quelque chose pour toi, là !

Ses doigts se mirent à l’ouvrage avant qu’un froissement de tissu ne m’avertit qu’il se dévêtait partiellement et une sorte de crissement qu’il se mettait à genoux.

-Je ne sais pas où commencer, tu sais ! Je ne les ai jamais vus aussi élargis, tes trous, tes orifices. C’est bon de te voir ainsi. Je vais faire ce que je peux pour te soulager et de toute façon, ils arrivent…

Son membre raidi se frottait contre une de mes cuisses et la pénétration était imminente. Haletante, je voulais toujours savoir.

-Les invités…Mais qu’est-ce qu’ils me voudront ? Pas ça, quand même ? Sinon, quelle est cette maison ! Ai-je une chance de revivre cela ?

-C’est envisageable mais les possibilités sont nombreuses. Ce qu’ils vont attendre de toi, c’est la disponibilité. Elle risque d’être sexuelle et si c’est le cas, tu devras tout accepter. De toute façon, tu as de très bonnes dispositions. Si on te demande autre chose, fais-le. Les possibilités sont multiples. Tu verras bien.

Puis, il s’interrompit et parut gêné :

-Mais je parle, je parle…

Il se tut vraiment ensuite et je rencontrai des sensations inconnues. Mes seins restaient douloureux et mes mains prises au piège restaient inutiles tandis que le bas de mon corps était le siège d’une volupté aussi reçue que donner le temps d’un intense va et vient. J’eus une jouissance forte alors que semble –t’il, il réserva la sienne. Matteo revint et connut le plaisir avant que Raféu ne prenne enfin le sien. Tous deux me firent passer dans une salle de bain attenante à cette pièce pour m’aider à me doucher à et à m’habiller. Leurs doigts habiles me fouaillant sans se relâcher et mes mains ne restant pas plus inactives que ma bouche, personne ne resta à l’abri du plaisir et par rafales successives, il nous fit plier.

 helder-almeida-hetaire