AMOURRRRRRRRRR PHY

 

Dans la villa où elle s'apprête à travailler, Agnès se découvre un goût pour la sexualité qu'elle ne se connaissait pas

La femme que j’avais été pendant longtemps m’apparaissait comme à un balcon. Elle portait une robe fermée et sans apprêt, des chaussures plates et ne dégageait ni sensualité ni séduction. Pire, coiffée comme elle était et sans maquillage, elle était d’une affligeante banalité. Au moins, celle qu’elle contemplait avec suspicion était-elle excitante et excitée. Le savait-elle, cette ancienne forme de moi-même ? Trop occupée pour croiser son regard, je me sentais libre, mes cheveux tombant sur mes épaules et mes tétons pointant fièrement sous mon corsage.

J’étais très ardente et avais autant de hâte à m’ouvrir à celui qui me voulait, que lui à me pénétrer.

Je prends, tu prends. Je suis prise, mise.

Je criai plusieurs fois et l’entendis jouir lui-aussi avant de rester assise sur lui car il le demandait.

Pendant longtemps, avec Nicolas, je m’étais sentie gauche. D’ abord, ma nudité ne semblait pas lui plaire. Ensuite, il n’aimait pas les cris. Tout mon plaisir semblait enseveli…Et puis, nu, il était atone, un peu flasque, cherchant vite l’ombre.

Matteo, qui s‘était à peine déshabillé, reflétait une sorte de sauvagerie plaisante, totalement singulière pour moi. Sa peau cuivrée sentait le poivre. Ses reins tendus me suffoquaient.

Entre deux jouissances, il parla. Il avait une crudité du langage qui me stupéfiait.

-Tu n’es pas jeune, ça c’est sûr, mais dès que je t’ai vue, j’ai pensé que tu aimerais. De toute façon, tu en avais besoin…

-Besoin de…

-Appelle ça comme tu veux. Il a dû te tarder...

-Il ne faut pas tout mettre sur la sexualité ! Tu sais, les demandes d’un être peuvent être très diverses. Il y a le retrait, le silence, le travail…

-Qu’est-ce que je comprends à ça ? Toi, tu as besoin d’être « prise » ou « mise », comme tu veux. C’est simple, je devance tes désirs et je viens. D’accord ? Je te donne ce dont tu as besoin et crois-moi, je sais de quoi je parle !

-C’est sûr ! Dans cette chambre, c’était toi la première fois alors et avec qui ? Il y avait tellement de bruits dans cette chambre la première nuit…

-Quoi ? Cette chambre est toujours fermée et elle va le rester car ce n’est pas bon de rester ici. On ira ailleurs, je sais où et tu seras aussi bonne…

-Tu parles comme Raféu. Il dit que personne ne s’est rencontré là. Mais en même temps, tu la répares cette chambre !

-Tiens, tiens, tu es maligne, toi.

-D’accord, donc c’était toi…ou lui…

-Cette pièce-là, une autre, ça change quoi ? Moi, je vais te prendre aussi souvent que possible. Je te dirai comment on fait. Si tu me rejoins dehors, ne mets rien sous tes robes et si c’est dans la maison, tu vas où je te dis et tu attends nue. Tu comprends ?

-Oui.

Je le revis dix jours durant et ne manquai aucun rendez-vous. Je savais qu’il tiendrait chaque jour ses promesses et me ferais de l’amour, nu ou habillé avec un engouement toujours nouveau. Ce fut intense et très cru. Impossible de ne pas crier.

Puis, prétextant de nombreux travaux à contrôler à l'extérieur, il s’éclipsa avec charme et je ne fis plus guère que lui adresser des signes affectueux.