INSPIRATION

Chapitre 3: une réponse très attendue.

Voulant changer de vie, Agnès Donnelle a répondu à une annonce engageante. Elle pourrait être recrutée pour travailler en tant qu'organisatrice de séjour et animatrice dans une villa provençale, pour l'été. L'offre est mirobolante...

Quand me parvint le courrier attendu, je le restai le temps de déchirer l’enveloppe puis devins perplexe. Il s’agissait d’un contrat de travail en bonne et due forme, excluant tout amateurisme ou bénévolat. Mes heures de travail hebdomadaire étaient décomptées et mes jours de congés, s’ils étaient réglementaires, obéissaient à une règle simple : si, quand les invités de « Monsieur » étaient là, je devais travailler sans répit, je disposais de plusieurs jours de liberté ensuite et pouvais en jouir à ma guise. Tout cela m’aurait paru de bonne venue si un paramètre étrange n’était apparu : j’étais payée et très bien. Ayant vérifié ce que touchait un employé de maison à qui on aurait confié les mêmes tâches, je constatais qu’il touchait bien moins que moi ! Voilà qui était très étrange d’autant que j’avais répondu à l’annonce en proposant un dépannage et en précisant que ma demande était « informelle et non professionnelle ». Il y avait plus désarçonnant encore. On estimait par avance que je serais merveilleuse et on m’offrait donc une prime anticipée. C’était une grosse somme.

Il me vint à l’idée que rien de tout ceci n’était sérieux. A quoi bon signer un contrat que nul n’honorerait ? Qui me disait que ce Jacques –Alexandre Fiastre dont on m’expliquait qu'il était trop âgé pour vivre seul dans cette demeure provençale, coulait vraiment des jours paisibles dans une luxueuse  maison de retraite ? Et comment être sûre que cette mystérieuse madame Larroque-Daubigny , à supposer que ce fut son vrai nom, vivait vraiment à Neuilly sur Seine et avait des liens avec la Provence ? Quant à cette « Villa des anges » ? Avait-elle une vraie assise ?

Il faut croire que oui, que tout était vrai puis qu’ayant tout signé et accepté, j’allai à la poste la plus proche envoyer mon acceptation en recommandé. L’accusé de réception me revint sous quatre jours et je partis.

Après tout, cet argent que j’avais eu, je m’en étais affranchie pour me purifier (et non pour me dédouaner car je n’ai pas tous les défauts de la terre !) et voilà que, curieusement, on m’offrait une somme qui était bien plus conséquente. Tout m’ayant été réglé d’avance, je partis le cœur léger. Dans la salle d’attente de l’aéroport, je me plongeai dans la relecture du Hussard sur le toit de Jean Giono puis qu’après tout, j’allais à Nice puis à Manosque.

-Angelo, Angelo, villa des Anges ! De Giono à Stendhal, combien de pas y a-t- il ?

Je montai dans l’avion sans avoir la réponse. J’étais partie de Paris. On était en juillet et autour de moi, les vacanciers –les vrais- étaient tout à leurs émois : passeports, visas, décalage horaire.

De Paris à Nice, aucun décalage sinon le temps radieux et la Méditerranée qui vous sautait à la figure. Du bonheur. Du bonheur.