UNE AUTRE PHOTO DE SARA

Martyre

Dénoncée aux autorités par une femme qui travaillait dans la maison des sœurs, elle fut arrêtée par des membres du parti pro-nazi hongrois, les Croix fléchées, en même temps que les Juifs qu'elle protégeait. À la vérité elle était absente au moment des arrestations et aurait pu s'enfuir, mais elle choisit pourtant de revenir. Les prisonniers sont emmenés sur les rives du Danube et abattus, avec quatre femmes juives et un auxiliaire chrétien qui n'appartenait pas à cette congrégation. Le corps de la religieuse ne fut jamais retrouvé. Les meurtres ont été découverts en 1967, au cours du procès de certains anciens membres des Croix fléchées.

En 1969, son nom fut enregistré à Yad Vashem1, où elle avait été proposée par la fille de l'une des femmes juives qu'elle avait cachées et qui avait été abattue à ses côtés. Elle a été reconnue comme Juste parmi les nations en 1972. Son nom est également inscrit au mémorial des Justes de la grande synagogue de Budapest, avec ceux de Raoul WallenbergGiorgio PerlascaÁngel Sanz BrizCarl LutzAngelo RottaFriedrich BornPer Anger...

Béatification

Le 17 septembre 2006, sœur Sára est béatifiée par le pape Benoît XVI ; la proclamation est lue par le cardinal Péter Erdő au cours d'une messe en plein air célébrée devant la basilique Saint-Étienne de Pest à Budapest. Il y est dit notamment : « Elle était prête à assumer des risques pour les persécutés [...] pendant les jours de grande terreur. Son martyre est toujours d'actualité... et il nous montre sur quoi se fonde notre humanité. » C'est la première béatification à avoir eu lieu en Hongrie depuis celle du roi saint Étienne Ier de Hongrie, béatifié en 1083 en même temps que son fils Imre et l'évêque italien Gérard de Hongrie, qui avaient contribué à la conversion de la Hongrie au christianisme.

S'exprimant au cours de la messe, le rabbin József Schweitzer a dit de sœur Sara : « Je sais par expérience personnelle... combien en ces temps-là il était dangereux et héroïque d'aider les Juifs et de les sauver de la mort. Puisant sa force dans sa foi, elle a conservé le commandement de l'amour et jusqu'à la mort. »