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De quoi Dora rêve-t'elle? 

Rêver, c'est regarder et regarder, c'est rendre des comptes aux arts. Ce n'est pas son père, le constructeur d'ambassades et d'opéras, qui dira le contraire. Alors, Dora suit les cours de l'Union centrale des arts décoratifs de Paris mais elle s'initie aussi à la photographie et pour conclure, elle apprend le dessin à l'académie Julian et va aux Beaux-Arts. Et elle apprend. Et, au cours de sa vie, elle prend des photos, procède à leur agencement, dessine et peint. Et elle s'arrête rarement, qu'on la regarde ou pas, qu'elle soit jugée intéressante ou non, qu'elle soit entourée ou vive en recluse. Dès l'abord, André Lhôte et Henri Cartier-Bresson s'arrêtent à elle. Qui est cette femme ? Quelle est son regard ? Quelle est son rêve ? Est-elle de ce monde ?

Elle en fait partie, oui, autant qu'elle peut mais quand elle ne peut plus travailler avec ces deux photographes, elle fait cavalier seul. Belle cavalière qui parcourt Barcelone puis Londres où elle traque les effets de la grande dépression et fige sur la pellicule des visages défaits, affolés, des dignités perdues...

Son père, éternel admirateur, l'aide à ouvrir un premier atelier qui est bientôt remplacé par un second. La Croatie, l'Autriche-Hongrie, l'Argentine, la France : voilà tout ce qui la compose cette Dora au beau visage et aux rêves sibyllins. Dès le départ pour elle, tout s'est enchaîné. Aux avenues parisiennes et aux parcs arborés, ont succédé les avenues de mai, les places de la liberté et tous ces monuments grandiloquents qui, à la Belle-époque, constituent le centre de Buenos-Aires puis Paris a repris ses droits et dès lors, Dora ne sait si cette grande ville qui est trop exotique pour elle ou l'inverse. En tout cas, ça la fait rêver...