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De quoi Dora rêve t'elle? 

On revient toujours aux origines, cela, Dora, le sait. C'est pourquoi, elle rêve souvent de la rie d'Assas où en 1907, elle a vu le jour. Elle était un bébé fille aux petits vêtement chargés de dentelle et elle savait qu'on la trouvait belle. Une fille unique l'est toujours et Dora, dès qu'elle a pu saisir l'éclat de fierté qui illuminait le regard de Josip Markovic, son père, l'a compris. Elle est la prunelle de ses yeux et ce n'est pas rien de l'être. Josip est un exilé qui, après la Croatie, a étudié à Zagreb, à Vienne et à Paris où il exerce le métier d'architecte. Il s'est marié à une française catholique, Julie Voisin. Le début d'un rêve éveillé...

Celui-ci se poursuit à Buenos-Aires où il a obtenu plusieurs commandes dont celle de l'ambassade d'Autriche-Hongrie. Il en fait les plans et la construit et l'empereur François-Joseph le décore pour cette prouesse. Il en est heureux mais à ces flatteries, il préfère la contemplation de sa fille : Marguerite Dora Markovitch. Qui sera -t'elle cette toute petite fille qui vit en Amérique du sud, des parents exilés, et semble pouvoir appartenir au monde entier ? Il rêve tout éveillé de son grand avenir...

En 1926, la famille revient à Paris. L'enfant a grandi mais ses parents la regardent toujours autant, le père surtout, fasciné par cette créature de dix-neuf ans au maintien tout ibérique et à la séduction argentine. C'est que l'espagnol lui vient bien plus naturellement que le français...Et puis, il y a cette inversion de prénom. D'abord Dora...Puis très vite, seulement Dora puisque Marguerite disparaît. Maar, cela viendra dans la foulée. Elle se souvient du nom de son père, cette jeune femme décidée mais elle va tellement plus loin. Elle aussi, bien qu'éveillée, rêve. Maar. Par Mar qui est facilement traduisible mais Maar qui, à cause de cette double voyelle, offre à tant de possible. Peut-on être anodine et s'appeler Dora Maar ? Non, on ne peut pas.