• Etre apaisé ne signifie pas oublier", par Véronique, 49 ans

J'ai perdu mon mari âgé de 40 ans d'un cancer de la peau. Il a été foudroyé par cette maladie en trois semaines, c'était brutal. Pendant deux ans, je n'ai fait que pleurer jour et nuit et n'avais plus de goût à rien. Je suppose que j'étais en dépression. J'ai tenté de voir un psychiatre qui m'accusait de ne pas réussir à surmonter cette épreuve. Au bout de quelques mois, j'ai abandonné mon psy et me suis tournée seule vers le bouddhisme. Les lectures sur le bouddhisme m'ont apaisée. J'ai appris qu'il ne fallait pas lutter contre son chagrin et pleurer tout ce qu'on avait à pleurer alors qu'en Occident, on vous dit de "fonctionner" malgré tout. Ce deuil m'a complètement transformée dans le sens où je veux profiter de la vie ici et maintenant et je ne fais plus trop de projets à long terme. Etre "apaisé" ne signifie pas "oublier", les gens qu'on aime, on les aime même morts, mais, nous, les vivants il faut bien vivre sans eux et avec le temps et beaucoup de lecture sur le bouddhisme, on arrive à trouver la paix. Avec le temps, on souffre moins mais on n'aime pas moins pour autant la personne décédée et c'est rassurant de le savoir. Il suffit de regarder une photo pour avoir les larmes qui montent aux yeux. Donc il ne faut pas avoir peur "d'oublier" notre être cher, car on n'oublie pas, mais on peut laisser faire le temps et vivre sa vie dans la sérénité et accepter les nouvelles choses qui se présentent obligatoirement. La vie continue. Le bouddhisme est le seul moyen que j'ai trouvé.