A la recherche de la cité précieuse...

  

TROIE LA MAGIQUE 1

Ils envahissent la ville ensevelie dans le sommeil et le vin ; 

ils abattent les veilleurs et, par les portes ouvertes, font entrer

tous leurs compagnons et  les troupes complices se  rejoignent.

Enéide, livre II. La chute de Troie.

 

Ils avaient cette femme blonde, belle parmi les belles et l'avaient ravie à son époux mal éduqué. Elle vivrait à Troie puisqu'un Troyen l'aimait et le roi de Sparte épuiserait sa colère. Si ce n'est qu'il ne l'avait pas fait...Fils d'Atrée et d'Erope, il était frère d'Agammenon, le roi de Mycènes. Son nom, Ménélas, signifiait « qui soutient le peuple ». Il avait coulé des années tranquilles avec Hélène dans une région magnifique et au milieu d'une cour hospitalière. Et elle était partie elle avec un de ces Troyens venu en ambassades. Elle avait une fille de neuf ans et du jour au lendemain, elle était partie. Il y avait cette colère qi avait grossi, ses chefs grecs qui faisaient alliance et cette flotte qui partait. Eh quoi, Troie imprenable ? Il la prendrait...et elle disparaîtrait de la surface de la terre pour toujours...

Cette ville disparue...Elle le hantait depuis longtemps. Sa magnificence, sa beauté...Quand il était petit, son père, un pasteur protestant pauvre, lui en parlait déjà. L'Iliade, l'Odyssée, l'Enéïde...La mort de Priam, la force d'Achille, la ruse d'Ulysse...A Neustrelitz, en Allemagne du nord, quand on est un jeune garçon sans le sou,on risque de ne pas avoir trop de temps à consacrer aux cités perdues. Heinrich le découvrit vite puisqu'à quatorze ans, il vendait des harengs et des chandelles dans une épicerie. Il y resta cinq ans. Les casques des soldats grecs, les bateaux de guerre qui fendaient les flots de la mer Egée, l'arrogance d'Agamennon, la rage de l'époux outragé et la morgue, l'assurance...Puis il fit une mauvaise chute, tomba malade, guérit et en un tournemain, changea de vie.

-Où va ce bateau, monsieur ?

-Au Venezuela. Je suis un marin pas un monsieur.

-Je peux être un marin aussi !

-Non, ce n'est pas aussi simple. Mais du travail, sur un bateau, il y en a...

En guise d'Amérique centrale, le bateau avait fait naufrage au Pays-bas. Heinrich comptait bien et il était adroit. Il était devenu aide-comptable mais il pouvait tout aussi bien exercer un autre métier. Il était curieux et aimait le commerce. A Amsterdam, on lui avait confiance en 1846 et cinq après, il était à Saint-Pétersbourg. Il avait ouvert un bureau d'achat et de revente de poudre d'or, s'était mis à son compte et gagnait de l'argent.

 TROIE LA MAGIQUE 2

Une ville magnifique, bien protégée des Hittites à l'est et des Achéens à l'ouest, une ville entourée de hautes murailles, Hélène en avait été suffoquée. Sparte était une aimable bourgade comparée à cette cité altière qui contrait les Dardanelles et tirait sa richesse du contrôle de cette voie maritime très fréquentée...Elle était blonde et fille de Zeus, transformé en signe, et de Leda. A sa naissance, elle était sortie d'un œuf. Elle devait penser que Troie était éternelle et qu'elle y finirait ses jours...

Heinrich se maria et et des enfants aux prénoms russes mais ne perdit ni son sens des affaires, ni son goût des voyages. En 1858, il était en Californie au temps de la ruée vers l'or et il spéculait, prêtant aux mineurs puis, on le retrouvait en Crimée où il vendait des armes et à Paris en 1866. Il serait plus riche encore s'il achetait des terrains à canne à sucre à Cuba, non ? Et il y avait encore tant de coins du globe où faire des profits. De ce point de vue là, Paris était stratégique. Mais il y avait la Sorbonne aussi et l'opportunité à saisir d'étudier les langues orientales et l'Antiquité....