VENISE CHAT

Venedig, Venice, Venise...Venizeuh comme disent les Français....Venezia ! Ah oui là c'est mieux ! Moi, j'y suis né il a cinq ans et des poussières, dans la Sérenissime et m'est avis que je n'en partirai pas. J'ai failli pourtant !

Donc en juillet 2015, je suis sorti du ventre de ma mère. Je n'étais pas le seul car elle avait trois autres chatons. Quoi ? Je n'ai pas dit que j'étais un chat ? Ben, non mais maintenant, vous le savez. Donc, ma mère, une chatte rousse adorable se cachait depuis quelques temps dans le cimetière de San Michele quand elle a eu des contractions. Je crois qu'elle se trouvait près de la tombe de Stravinsky, dont j'ai appris plus tard que c'était un compositeur doué, célèbre et pas mal lait, mais on ne pouvait guère se cacher dans les parages aussi, ne sentant pas en sécurité, elle a changé d'endroit. Elle s'est réfugiée vite fait derrière une tombe plus monumentale et là, elle n'a guère eu le temps de réfléchir : on arrivait, nous. Si ma mémoire est bonne, je suis arrivé en second. Quoi ? Évidemment que je m'en souviens pas ! C'est ma mère qui me l'a dit. Tout s'est bien passé. Elle nous a nettoyés, nourris et les gardiens s'en sont mêlés. Vous savez, le cimetière de San Michele, il est sur une île. On n'y vient pour ainsi dire que pour y déambuler, sinon, à part une belle église, il n'y a rien. On est tranquilles, les morts, les gardiens qui restent là et nous, les chats. Giovanni, c'est le gardien qui nous a repérés en premier :

-Ma qu'est-ce que c'est ! Una gatta, une chatte et les petits ! Ah, elle est rousse, la chatte donc ce sera La Rossa et ces quatre bébés tout mignons ! Macché, celui-là, il est énergique, hein, il en veut ! Je vais l'appeler Gianluca, tiens, parce que j'avais un oncle que j'adorais ; Il s'appelait comme ça ! On se baladait en bateau sur la lagune, là où les touristes ne vont pas ! Gianluca, vieni, vieni ! Tu ronronnes, hein ? Fai le fusa ?

Giovanni, il n'avait pas inventé le fil à couper le beurre mais on a été heureux avec lui. Il nous a installés, La Rossa et nous, dans un petit cabanon bien isolé et on a poussé comme des herbes sauvages. Et puis un jour, il a enlevé les deux femelles à ma mère et ensuite mon grand frère. Il avait trouvé à les faire adopter. Il voulait qu'on reste avec lui, dans ce beau cimetière.

-Hein La Rossa ? Hein, Gianluca ? Vous restez avec moi !

Mais non, une femme est venue...