NAZISME HONGRIE

sara SSSS

En écrivant un livre sur la religieuse Sara Salkahazy, martyr du nazisme, Agnès Donnelle entreprend unt tâche difficile. Que faut-il mettre en évidence? Que faut il éviter....

-Eh bien, il y a quatre parties mais il semble bien que votre idée de départ est oubliée. Vous deviez écrire sur Sara alors pourquoi accorder tant de place aux autres ? Gitta Mallascz le père Klinka... Les Dialogues avec l'Ange ...Raoul Wallenberg ! S'agit-il d'une biographie ou de quatre ?

-Enfin, il s'agit d'un seul et même livre ! Je parle d'abord de Sara avant l’holocauste en essayant d'être le plus entraînante possible. Toute jeune, elle a un joli visage aux joues rondes et ses longs cheveux, relevés en tresse, l’encadrent. Jeune femme, elle se dresse devant moi en tailleur sage, son visage sans maquillage ayant perdu l’éclat de l’enfance pour en acquérir un nouveau, plus sage et intelligent. Elle porte de petites lunettes rondes et relit un article qu’elle va faire paraître dans le journal dont elle la rédactrice. Je la vois ensuite supérieure d’un couvent. La guerre s’est intensifiée et les persécutions raciales battent leur plein en Hongrie. Elle n’est pas sereine mais effrayée, rejoignant ces Saints dont ma mère me parlait et le Christ lui-même quand il avait eu peur au Mont des Oliviers…Elle sent la mort fondre sur elle et la tentation que lui propose dans ses rêves ou quand elle prie le Prince des Ténèbres. Tout était très concret. Elle ne s’illusionne pas. Et elle a accepté…

-Ah oui, j'ai compris cela.

-Et vous n'êtes pas contente ? En entremêlant les témoignages épistolaires, je mets en évidence la singularité d’un personnage. Je cite aussi la presse gouvernementale de l’époque, pro-allemande et les tentatives d’opposition : affiches placardées à la hâte, petits tracts distribuées à la sauvette et, en regard, les terribles déclarations de la propagande nazie déclarant inutiles les Tziganes car incapables de se plier aux règles sociales d’un pays, les juifs comme étant la lie de la terre depuis la nuit des temps et les autres. Il y avait les communistes à qui l’histoire donnait momentanément tort, les autres minorités raciales, les déclassés, ceux qui avaient une sexualité jugée hors normes, ceux qui se déclaraient anarchistes ou étaient nostalgiques de la monarchie sans penser un seul instant à adopter les marques d’une nouvelle ère. Je souligne ainsi à la fois la fragilité de la position de Sara dont la congrégation a accueillie plusieurs centaines de juifs au moment des persécutions alors qu’elle seule en était morte et martyre. A l’Église qui la posecomme martyre, on peut objecter qu’elle a pris pour les autres, personne parmi les religieuses de sa maison n’a ensuite été menacé. Je crois avoir clairement montré la simplicité de son sacrifice et sa grandeur !

-Certainement et cela suffit ! Là est votre livre, Agnès !

J'étais abasourdie qu'elle ne comprenne pas et désireuse de défendre mon travail.Je repris donc :

-J'ai écrit une seconde partie qui intercalent des témoignages d’origines diverses montrant tout l’héroïsme de la jeune femme. J'ai voulu ensuite consacré une troisième partie à ceux qui avaient œuvré à cette époque contre le Mal, s’étant ou non sacrifié pour cette cause. C’était la lutte du bien contre le mal, de la lumière contre les ténèbres ! Enfin, je pensais à une dernière partie qui serait une Sara fictive, écrivant à ses proches et écrivant pour elle-même. J’avais lu qu’enfant, elle écrivait déjà et n’avait cessé de le faire. Ce qu’elle avait écrit pour elle-même était perdu. Il restait à le réinventer.

Elle n'était vraiment pas convaincue et j'insistai encore !