DANUBB

Irène écrit son livre sur Sara Salkahasy mais autour d'elle, le trouble règne...

Pourtant, j’avais de quoi m’inquiéter. En France, où j’avais toujours vécu, l’antisémitisme ressurgissait à intervalles réguliers, entraînant profanations de tombes, insultes mais aussi attentats contre des lieux de culte ou des personnes privées. Le serpent était toujours prêt à sortir de son œuf. Moi qui faisais beaucoup de recherches sur internet, étais la première à me rendre compte que parmi beaucoup d’entre nous, le racisme affleurait vite et se donnait des masques divers.

Et les persécutions me direz-vous ? Mes logeurs furent victimes de vols répétés et de dégradations de leurs véhicules. Ils trouvèrent sur les façades de leur maison des inscriptions insultantes et des menaces...Ils reçurent la nuit d'innombrables coups de fil... Leurs enfants subirent les mêmes atteintes. Quant à moi, je fus frappée de mutisme plusieurs jours de suite sans que quiconque y comprenne quelque chose avant d'être atteinte d'une véritable logorrhée qui fit qu'on me laissa seule dans une pièce bien fermée. J'eus des insomnies terribles. Je perdis des cheveux par poignées et je vis avec horreur s'inscrire sur un de mes bras un de ces numéros d'identification tels qu'en portaient les prisonniers d’Auschwitz...Inutile de dire que me fréquenter était impossible. Mes hôtes me laissaient livrée à moi-même sous la garde ferme et sereine de mes deux anges visibles et de mes deux invisibles gardiens.

Heureusement, en France, Nicolas s'en tirait bien. Il avait changé cependant et était désormais superstitieux...Quant à Léonie, elle louait désormais une chambre chez ce couple de japonais qui l'aimait bien et sortait beaucoup moins. Elle-aussi se méfiait et croyait aux signes et aux présages désormais..

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