horthy-1931

Agnès apprend de Bogdan Istvanfy le double jeu joué à la fin de la seconde guerre par le dirigeant de la Hongrie, le régent Horthy.

Tout porte à croire que Horthy est servile. Il est empressé à satisfaire les hauts dignitaires du nazisme et leur chef suprême ! Mais il est mauvais comédien…
-Car il joue double jeu…
-Oui, dès 1942, il sent le vent tourner et entame des négociations avec les Anglais et les Américains. Seulement, les Allemands en ont vent et commencent à se méfier de lui. Leur méfiance se renforce quand, en février 1942, Horthy fait de son fils Istvan, le Vice-Régent. Cette prise de fonction déplaît fortement. Joseph Goebbels aurait écrit dans son journal que « le jeune Horthy était encore plus philosémite que son père ». Je cite de mémoire et il vous faudra vérifier que cette citation est exacte. Istvan est loin de se douter que seconder son père va lui coûter la vie mais c’est pourtant le cas. En août, de la même année, son avion s’écrase, probablement saboté par les Nazis. A partir de ce moment, le Régent essuie beaucoup de remarques. En avril 1943, Hitler le « reçoit » en Bavière et lui fait part de sa déception. La politique hongroise vis-à-vis des juifs n’est pas à la hauteur de sa voisine polonaise. Quelle inefficacité ! Horthy allègue les réformes qu’il a déjà fait appliquer mais le Führer les juge faibles ; et de toute façon, il veut la chute de cet « allié » trop peu convaincant. Le convoquant de nouveau en Allemagne, il veut son approbation. La Hongrie doit bien davantage s’impliquer dans l’effort de guerre et accepter d’être occupée par les troupes nazies. Le Régent refuse mais le Führer a anticipé sa réaction. Deux jours après leur entretien, la Hongrie est envahie.
-Nous sommes en 1944.
-En mars. En très peu de temps, tout passe aux mains des Allemands. Miklos Horthy n’est pas destitué mais il est clair qu’il ne fait pas ce qu’il veut. On lui impose un représentant du Reich, Vincent Veesenmayer. C’est un officier zélé qui donne à la Hongrie nazie ses heures de gloire. Arrestations, exécutions sans motifs et déportations vont bon train.
-Que fait Horthy ?
-Ce qu’il peut ! En juillet 1944, il tente d’imposer son veto au transfert massif des juifs vers les camps d’extermination mais il ne rencontre aucune écoute. Loin de diminuer, les déportations augmentent. La guerre est perdue, il le sait. En août 1944, l’Armée rouge est aux portes de la Hongrie. Le Régent dissout le gouvernement et veut entamer des négociations avec les Soviétiques. Il ne le peut car les Nazis enlèvent un autre de ses fils, prénommé Miklos, comme lui. Ne voulant pas sa mort, il ne lui reste qu’à accepter comme premier ministre Férenc Szalasi. Les croix fléchées sont au pouvoir…