palais HONGROIS

Agnès est arrivée en Hongrie car le visage d'une religieuse morte à Budapest l'a aimantée. Cependant, elle doit en savoir plus...

Je n’éprouvais aucune crainte mais j’avais le désir de savoir pourquoi j’étais là. Je finis, au bout de quinze jours, par questionner mon hôte imposant.

-Monsieur Istvanfy, je suis venue pour Sara. Vous ne l’ignorez pas. Parlez-moi-d’ elle.

-Je n’ai que quarante-six ans et ce n’est donc pas moi qui le ferai, mais mon père. Il ne parle pas français mais allemand et russe. Péter traduira.

-Votre père me parlera de Sara ?

-Non, des Croix fléchées. Il faut commencer par cela.

Il était certes intimidant mais j’avais franchi le pas. Quand je tentais de faire de même avec son épouse, que j’avais trouvée très froide, celle-ci fut dissuasive.

-Je joue un rôle ici : celui d’héberger dans une demeure aristocratique des touristes ou des érudits, des chercheurs. Je ne me retourne pas sur le passé ni pour la bonne ni pour la mauvaise cause et n’ai pas d’état d’âme à ce sujet. Je laisse cela à d’autres. Mon souhait est que vous vous sentiez bien dans ce lieu prestigieux. Et c’est tout.

Très brune, Szilvia était une belle femme aux yeux verts pleine de retenue. Elle était très polie avec ses hôtes mais distante. Si elle n’avait eu pas ce charme un peu désuet qui fait regretter de ne pas avoir côtoyé beaucoup de grandes dames, elle aurait paru antipathique. Mais elle ne l’était pas. Je la regardai cette fois disparaître en laissant derrière des effluves d’un parfum oriental dont le nom m’échappait et admirait une fois de plus sa tenue d’une élégance discrète mais totale.