AU DELA

Derniers achats avant le départ poir Budapest ezt errances au cimetière Montmartre où le Mal rôde...

-Agnès, votre départ est imminent. Avez-vous de nouveaux achats à faire ?

-Oui.

-Dans ce cas, mon épouse vous accompagnera et, si elle ne peut le faire, Gabor le fera ou d’autres membres du club.

-A vrai dire, il y a des magasins à Budapest et ce que je n’achète pas maintenant, je pourrai le faire sur place. Faire des achats n’est pas si capital mais je dois encore m’acquitter d’un dû…

C’est Lila, désormais, qui me regardait avec attention. Elle se méprenait et je dus lui venir en aide :

-Il n’est pas question ici de Sara. Il est question de moi. Il me faut aller à Notre Dame et au cimetière Montmartre…Une aventure personnelle. Je ne peux rien vous expliquer mais dois être seule.

Ils s’entre regardèrent et parurent inquiets. Ceci dit, j’étais une adulte. Le lendemain, je me mis en route non sans avoir placé dans mon sac à mains le cierge que m'avait donné l'étrange restaurateur. Pouvait-on œuvrer dans un univers maléfique sans être soi-même totalement mauvais ? Quelque chose me poussait à le croire concernant l'inquiétant restaurateur. Qui sait si ce cierge ne me protégerait pas ?

Je rendis dans l’île de la Cité où je me confondis avec la foule des touristes. J’assistai à la messe et me payai le luxe d’un taxi pour rentrer. Au cœur de la cathédrale, je m’étais découverte en prière et apaisée et je le restais. Lila et Artur paraissant rassurés, je me lançai dans une seconde épreuve qui se révéla plus ardue. Voulant me rendre au cimetière Montmartre, je pris le métro et sentis bientôt sur moi ce même œil inquisiteur qui m’avait tant effrayée. J’avais établi un itinéraire qui me permettait d’aller de tombes d’écrivains et de poètes à celles de danseurs et d’artistes lyriques célèbres. Avec ma mère, j’avais déjà effectué ce parcours à plusieurs reprises et je voulais lui rendre hommage. Or cet œil du Mal rendait mon projet impossible. Frémissante, j’avisai un guide qui promenait dans le cimetière un groupe de touristes asiatiques très occupés à tout prendre en photo. Je les rejoignis et l’œil parut disparaître. Me sentant plus forte, je m’écartai de ces Coréens sympathiques pour retrouver l’itinéraire que ma mère m’avait fait faire. Chopin, oui, il me le fallait…Sa musique…Ils l’écoutaient, mes vieux parents. Les Nocturnes, les concertos…