putain

Dans la grande villa où elle a été engagée comme maîtresse de cérémonie, Agnès a découvert qu'un autre rôle lui était attribué. Elle doit satisfaire les hommes présents...

Il me devint assez difficile de satisfaire les demandes sexuelles de ces hommes tout en remplissant mon rôle de maîtresse de maison. Si, quand j'avais ce rôle, on me parlait avec politesse, il n'en allait pas de même quand j'avais l'autre. Au fil des jours, j'essuyai des remarques désagréables de la part de mes partenaires qui semblaient en demander toujours plus.

Ma seule valeur sûre était les deux frères. Me voyant toute défaite, ils me firent parler et se concertèrent.

 

-Agnès, tu es une très bonne hôtesse et nous tous ravis que tu animes cette belle maison mais reconnais que tu as une autre fonction à laquelle on peut facilement te contraindre. Nous ne nous sommes pas approchés de toi car la sexualité ne nous intéresse plus depuis longtemps. Il nous suffit de te voir dans tes belles robes sans cesse changeantes, avec tes bijoux, tes beaux fards à lèvres et tes parfums. Nous ne voulons rien d’autre. Mais les autres ne sont pas comme nous. Pour eux, quand ils le souhaitent, tu es une putain. Tu as été traitée comme telle par cet Italien qui es toujours dehors et par ce jeune majordome. Tu l’as été par ces deux petits allemands et par cet homme qui s’est acheté une jeune femme. Et c’est sans parler de cet Anglais bisexuel qui vient te voir et des autres. Le soir, il vient du monde.

-Une putain ?

-Mais oui ! Personnellement, nous ne trouvons pas cela grave. Tout le monde ne peut remplir des fonctions aussi variées que toi. Tu es une hôtesse hors pair, tu sais organiser des soirées et des dîners magnifiques et tout en étant très intellectuelle, tu es charnelle. Tu penses que tout ceci peut faire de toi une courtisane mais eux, ils ne cherchent pas une hétaïre, une inspiratrice. tu te trompes si tu penses le contraire. Ils n’ont pas envie d’être inspirés par toi et ne soucient pas de ta façon généreuse de te donner. Ils te prennent comme une putain.

-Et les autres femmes qui sont ici ! Elles ne se gênent pas elles !

-Non, même cette Arlette si maigre passe du bon temps ! Elles ont ton Matteo et ton Raféu à disposition et s’ils sont occupés ailleurs, elles sortent !

-Ce sont des putains elles- aussi….

-Non, nous, nous sommes reliés les uns aux autres. Je ne peux pas t’expliquer de quelle façon. Toi, tu as été embauchée et très bien payée pour venir ici et tu as découvert ton rôle…

-Mon rôle…

-Mais oui ! Allez, tout cela est plutôt bon enfant, si tu regardes bien. On ne te demande pas de satisfaire un homme de couleur ou un Arabe ! Et pas non plus un Juif ! C’est comme une confrérie ici !

-Une confrérie ?

-Ah, si tu savais…