les ZAMANT

Dans une villa provençale où elle a été engagée comme maîtresse de cérémonie, Agnès a deux amants et vit un grand épanouissement sexuel. Elle est en fait préparée à d'autres étreintes et le sait...

Matteo fut le premier à retrouver ses esprits :

-Elle t’a vraiment bien choisie ! Ce sera parfait! Tu iras avec le reste du personnel à la fête ce soir. Le feu d’artifice est très joli à Manosque. Seulement à partir de demain, tout est changé. On ne se verra pas beaucoup.

-La chambre à côté de la mienne…Le premier soir, il y avait l’un d’entre vous avec une femme. J’en suis toujours sûre…

-Mieux vaut avoir rêvé et continué de le faire. Espère que cette chambre ait désormais une fonction médicale et ne l’appelle à être rien d’autre car tu souffrirais.

-Alors vous avez menti !

-Quelquefois, c’est mieux !

-Mais où serez-vous ?

-Là, autour de toi mais occupés, très occupés. Et tu le seras, toi-aussi ! Hein, ne l’oublie pas !

-Mais la chambre, cette salle, vous deux.

-Tu ne sais rien, Petite.

-Petite ?

-Oui, allez, ils arrivent.

J’allai à la fête comme on m’y priait et j’adorai y éprouver tant de sensations. Le ciel était sillonné de merveilleuses couleurs et des dessins se formaient d’autant plus beaux qu’ils étaient fugaces. Une couronne de lumière rousse ne devenait incandescente que quelques secondes tandis que lui succédaient de grandes gerbes florales rouges et or, de longs tracées bleu-argenté et d’immenses fleurs où les jaunes succédaient au violet. Le bruit était intense mais ne m’effrayait pas. Lentement se défaisaient dans le ciel, par tracés devenant illisibles, les marques certaines d’un bel émerveillement et loin de penser à une quelconque cohésion nationale, je ne songeai qu’à moi. Ces éclatements, ces retombées, ces figures adroites, cette beauté fugace, c’était moi dans un plaisir qui n’avait jamais été égoïste mais toujours en phase avec l’autre, qu’il fut singulier ou pluriel et dans cette merveilleuse réalisation, qui imprégnait le ciel nocturne d’un éclat que les astres de la nuit ne pouvaient lui concédaient, je me sentis immense. Ces myriades étourdissantes n’étaient que le reflet de mes orgasmes vécus de façon toute vitale alors que ces traînées de lumière qui allaient s’évanouissant dans le ciel, les marques du plaisir masculin – traînées de sperme sur mes cuisses ou écoulement après le plaisir- ou féminin – onctuosité d’un vagit bien préparé et désireux d’accueillir.

Ainsi, me dis-je, ils ont raison de me dire que tout va bien. Le ciel me le dit. J’aimerais cependant les revoir et les tenir par où ils doivent l’être. Ils ne le veulent pas et c’est dommage. Mais les autres voudront, demanderont…