FARINELLI

 

J'avais l'âme féminine et masculine, moi, ce petit garçon brun aux joues rondes dont on avait décidé du sort quand il avait neuf ans. A l'époque, on ne trouvait sot ce type d'opération mutilante puisque ce qui comptait c'était le résultat : la métamorphose de cette voix unique, venant du ciel, pleine d'élévation et en même temps si humaine.

Aujourd'hui, on me demanderait de chanter comme un homme, ce qui ne m'a pas été appris et si j'allais à paraître vêtu comme j'étais, en perruque et poudré et que soudain je lançais Cara Sposa de Haendel, je crois que je surprendrais...

Le monde transformé, le ciel sur terre, la réconciliation dans la beauté, les errances, les transformations et les métamorphoses, moi Farinelli je les ai traversés et les traverse encore, pour qui veut m'écouter.