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Lydiane, malgré ses tentatives pour émouvoir Gianni à Milan, comprend que celui-ci ne veut plus l'épouser. Elle retournera don en France avec son petit garçon...

Les Fallacci habitent, à Milan, une belle maison patricienne à un étage, près du Dôme. Ce sont des bourgeois enracinés dans leur mode de vie, ceux-là même que Gianni critiquait tant à Aix, quand il se disait maoïste. Leur manière d’être ne semble plus le gêner beaucoup d’autant qu’à leur façon, ce sont des gens qui savent recevoir et pour ce faire, s’abstenir de réflexions désobligeantes. Ils ne feront par exemple par remarquer à Lydiane qu’elle ne doit pas s’attendre à grand-chose avec quelqu’un comme Gianni car il veut s’assurer une carrière universitaire au cas où ni la littérature ni le cinéma ne lui sourit assez, tout en sachant que son premier livre a été remarqué et que ses parents connaissent beaucoup de monde. Ils ne lui ont pas fait non plus de remarques sur le petit enfant comme argument car de ce point de vue-là, Gianni ne sera pas mesquin. Il enverra tout ce qu’il faut pour son bonheur matériel de son enfant et le recevra régulièrement. D’un point technique, cette relation est morte. Il reste l’aspect charnel mais les parents du beau jeune homme ont depuis longtemps compris que celui-ci ne restait pas conflictuel longtemps. Il est éblouissant mais passager et il faut bien autre chose pour faire une entente…

Lydiane et son fils sont donc très bien reçus mais curieusement, Gianni n’obtempère pas. Il laisse Lydiane s’inscrire dans une école d’italien pour quelques mois et lui laisse aussi caresser l’espoir d’un mariage. La jeune fille fait un aller et retour en France pour demander à ses parents de liquider son appartement. Elle donne aussi sa démission du café où elle travaillait et bande ses forces. Gianni inscrit l’enfant dans une école francophone privée, pour ne pas le déstabiliser. Au bout de trois mois, après tous les efforts faits en France, le jeune femme s’exprime dans un italien correct et comprend à peu près tout. Bientôt, elle pourra travailler. Il faut juste se marier. Le temps joue son rôle. Gianni travaille d’arrache-pied à sa thèse car il veut pouvoir défendre une image d’universitaire. Le bouche à oreille a bien fonctionné bien concernant son premier roman mais c’est le second qui, finalement, ayant été bien jugé par un public populaire, l’a propulsé comme auteur à suivre. Il s’appelle « Terres étrangères » et il en dédicace un exemplaire à Lydiane. 

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Les semaines passant, elle finit par le pousser à bout. Cessant de biaiser, il joue franc-jeu. Il n’épousera pas Lydiane. Ce serait une grave erreur. Il finit par le lui dire et elle en reste pétrifiée. Il a écrit deux romans et fréquente désormais l’intelligentsia milanaise et romaine. Il va faire sa thèse et aura un poste universitaire. Ne voit-elle pas ?...Elle parlemente néanmoins et obtient une sorte de sursis. La voilà réceptionniste dans un hôtel près de la gare de Milan ; sa patronne, une Française mariée à un Italien l’adore et elle lui fait quelques confidences. Sa situation est difficile. La prudence mais aussi la ténacité lui est conseillée…Elle sait en faire preuve mais elle est lucide aussi, bien qu’encore très jeune. Depuis qu’il est en Italie, le beau Gianni ne lui voue plus le même amour et même si le sien est intact, elle ne peut raviver un feu qui s’éteint. Une ultime dispute les envoie très loin de l’autre. Lydiane pleure mais n’insiste pas. Très digne, elle fait ses bagages et rentre à Aix où ses parents l’hébergent quelques temps. Il en est ainsi. Elle pleure sur l’abjection du monde, sur les Fallacci et sur leurs indomptables certitudes. La mère qui avait été si malade semblait si sûre d’elle, le père si dénué de scrupules et la sœur à peine vue si joyeuse. Elle n’avait pas eu mauvais accueil. Elle a été trompée sur tous les plans. C’est visible. Heureusement, depuis l’épisode « André », elle porte un stérilet. Au moins, elle n’est pas enceinte.